“Le Beau est toujours bizarre.”

Une autodidacte passionnée, intéressée par l’émotion plutôt que la technique - et ça se voit : c’est que je me fous aussi de savoir quelle marque de peinture à l’huile Van Gogh utilisait. Parfois je me sens avoir plus en commun avec l’écriture, le cinéma et la peinture que la photo. J’aime le flou et le grain, les balances des blancs bancales, les couleurs atmosphériques, les ambiances léchées, les cadrages et compositions kaléidoscopiques. J’aime le détail qui dérange et dégenre, le ver dans la pomme un peu étrange. Mes images sont mon exorcisme: des obsessions, des captures d’oiseau rare, une mythologie personnelle luxuriante mais pourrissante, un jardin sublime et cruel. La narration et la structure de mes séries sont rarement linéaires: folklore et visions y côtoient certaines fusions irrationnelles de sentiments, d’objets, d’impressions et de motifs, renfermant des détails troublants, venus des profondeurs — une hyperesthésie qui risque de commotionner le regardeur. Ces photos sont des animaux sauvages, indomptés, blessés et marginaux, existant loin de ce qui est le plus souvent loué. Ma photographie est mon lieu ambigu de sorcellerie, rempli de sortilèges visuels imparfaits, créés pour documenter la beauté sous ses formes les plus convulsives.

Influences: le préraphaélisme, The Cure, Robert Mapplethorpe, Nan Goldin, Anna Gaskell, Mary Douglas, Julia Kristeva, Roland Barthes, Helene Cixsous, Judith Butler, Bram Dijkstra, Philip Jullian, Simone de Beauvoir, Pierre Bourdieu, Francesca Woodman, Jacques Derrida, Andrea Dworkin, Indochine, Michel Foucault, Thomas Laqueur, Night Shyamalan, Ari Aster, Monique Wittig, George Bataille, Anne Fausto-Sterling, contes et légendes plus ou moins locales, Pascal Quignard, Gilles Deleuze, Rebecca Solnit, Angela Carter, A.S. Byatt, Joyce Carol Oates, Tim Burton, Lars Von Trier, Robert Eggers, Catherynne M. Valente

Maël Baussand (born in 1992, Annecy, France; currently living in Leamington Spa, England) is a French fine art photographer. Her photographs are overflown with turmoil, conveying this contemporary gothic atmosphere that she chose to name “aesthetics of trouble”. Deeply influenced by the uncanny, she creates stories both vibrant and melancholic about exquisite corpses and damp edges. Her work has been exhibited in several Parisian galleries and art centres, as well as published in magazines and webzines from different European countries. “Dentelles”, her most well-known series and major achievement, is a sixteen pictures series displaying macrophotographs of used, bloody period pads and tampons. As a PhD laureate, her academic research focuses primarily on gender studies and sexual bodily fluids (menstruation, sperm and milk) in fin-de-siècle art and literature, through the myth of the vampire.